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FO Bfc Cheminots

Rencontre des organisations syndicale FO, CGT, CFDT, CFTC avec Madame la Préfète de Côte d'Or

Intervention FO concernant le triage de Gevrey:

Notre région n’est pas épargné par la disparition programmée du fret ferroviaire SNCF en France, Force Ouvrière vous interpelle une nouvelle fois sur la fermeture programmée du triage de Gevrey.

Depuis les années 2000, la succession de plans et de restructurations dans le fret ferroviaire destinés à améliorer la rentabilité de l’activité, s’est traduite principalement par des fermetures de triage, des suppressions d’emplois et des réductions de matériel (locomotives et wagons) et d’équipements sans apporter l’équilibre financier recherché.

En 2009, les résultats du Fret SNCF enregistrent un recul du chiffre d’affaire de 345 millions d’euros ; une baisse des volumes transportés dans le traitement des wagons isolés (389 000 wagons isolés traités fin 2009 contre 650 000 en 2000) ; et une perte de plus de 900 millions d’euros dont 70% seraient imputables, selon la SNCF, aux wagons isolés.

Toujours selon la SNCF, « la crise durable du fret résulte à la fois du déficit de compétitivité de la SNCF et de la pertinence du mode ferroviaire. Ainsi, train massif mono client a un prix de revient 30% plus cher que ceux des nouveaux entrants (ex : Europorte…). De même, la majorité des trafics de messagerie ferroviaire sont moins compétitifs en temps, coûts, flexibilité et qualité que le transport route.

Force Ouvrière condamne le passage du tri à la gravité au tri à plat du triage de Gevrey. Ce projet s’inscrit dans le plan « engagement national pour le fret national » qui découle lui-même du Grenelle de l’Environnement qui vise notamment à « corriger le déséquilibre en défaveur des modes de transport plus écologiques qui n’a fait que s’accroître ces 25 dernières années » et dont « la part modale est passée de 42% en 1984 à 14% en 2007 tout en ne parvenant pas à trouver un modèle économique équilibré ».

Le plan de relance qui a pour ambition de développer la part des transports de marchandises alternatifs à la route (ferroviaire, fluviale et maritime) de 14% actuellement à 25% en 2022, comporte 8 mesures :

« -Créer un véritable réseau d’autoroutes ferroviaires cadencées en France (afin de mettre des camions sur les trains) ;

-Aider massivement le développement du transport combiné ;

-Développer les opérateurs ferroviaires de proximité ;

-Développer le fret à grande vitesse entre les aéroports à moins de trois heures de Paris : Lyon, Lille, Amsterdam, Cologne et Londres. L’objectif est de reporter 100 000 camions et 1000 avions par an sur les rails ;

-Créer un réseau à priorité d’utilisation fret ;

-Supprimer les goulets d’étranglement (Nîmes, Montpellier, Lyon et Dijon) par la création de contournements ;

-Améliorer la desserte ferroviaire des grands ports français ;

-Moderniser la gestion des sillons et traiter le fret comme une priorité ».

Cet engagement national en faveur du fret ferroviaire correspond à un investissement public global de plus de 7 milliards d’euros d’ici à 2020 portant essentiellement selon le ministère de l’écologie et du développement durable sur « l’adaptation et l’amélioration de l’infrastructure mise à la disposition des entreprises ferroviaires pour un transport de marchandises plus performant ».

 

Concrètement, ces plus de 7 milliards d’euros se répartiraient de la manière suivante :

-1500 millions d’euros pour la mise à niveau du réseau ferroviaire orienté fret ;

-4500 millions d’euros pour la suppression des goulets d’étranglements ;

-545 millions d’euros pour le développement de nouveaux services ferroviaires (autoroutes ferroviaires, fret à grande vitesse, opérateurs de proximité, mise en place de trains longs supérieurs à 750m) ;

-530 millions d’euros pour la modernisation ou la création de plateformes notamment dans les ports.

 

Ces objectifs engagent également RFF (Réseau Ferré de France), les entreprises ferroviaires et notamment la SNCF qui sont appelées à se mobiliser pour les atteindre.

 

Le projet du triage de Gevrey s’inscrit dans ce nouveau contexte économique. Les principales mesures qui consistent à réduire l’activité du triage, transformer le hub d’appui en simple plateforme et à adopter le tri à plat ont pour objectif : la réalisation d’économies au travers de la réduction des effectifs et des besoins en termes de matériels et équipements.

 

Le triage de Gevrey, 2ème triage de France en 2009 avec un équipement moderne, reconnu pour la haute qualité de ses prestations, précurseurs dans la mise en place de nouveaux outils informatiques, a encore bénéficié récemment d’investissement importants en matériel. La suppression du tri à la gravité est une régression technologique, un retour en arrière incompréhensible.

La charge de travail du triage est réduite de 80% pour passer de 180 000 wagons triés par an à 30 000 wagons/an. Les 150 000 wagons annuel qui ne seront plus triés à Gevrey le seront à Woippy ou Sibelin. On peut se poser des questions sur l’impact écologique de tel choix (environ 200000 camions supplémentaires sur les routes) quand on a un train qui part de Solvay (Dôle) à destination de la Vallée du Rhône qui ira passer par Woippy au lieu de Gevrey ! De même pour les trains de voitures partant de Montbéliard à destination de Miramas !

 

Cette réorganisation n’a qu’un but : réduire fortement les charges. En cumulant les effets sur les charges de la suppression des postes et du changement d’outil de production, la SNCF aboutirait à une baisse de coût de 8 millions d’euros par an. En ce sens le projet contribue à l’objectif national de réduction de 30% des coûts de structure sur l’ensemble de l’activité fret, mais au prix d’un abandon définitif d’un outil de production sophistiqué et de la perte des savoir-faire associés.

 

En plus de l’impact environnemental d’une telle réorganisation, nous dénonçons l’impact social lourd de conséquence.

120 agents (sans compter les postes supprimés indirectement et encore non chiffrable) se voient imposer une mutation géographique ou fonctionnelle, voir les deux.

C’est autant d’emplois supprimés sur notre département.

Les cheminots du fret de Gevrey sont aujourd’hui renvoyés dans d’autres activités mais on comprend leurs inquiétudes, notamment au TER à la lecture des propositions de Monsieur Grignon.

Toutes ces attaques dont sont victimes les usagers et plus globalement les citoyens, sous couvert de réduction des déficits imposée par l’Europe, ne font qu’empirer la situation économique et sociale de notre département et bafoue les valeurs républicaines auxquels Force Ouvrière est très attachée.

Force ouvrière vous demande donc d’intervenir afin de redonner au triage de Gevrey et au fret Ferroviaire la place qui doit être la sienne en France et en Côte d’Or.

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