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FO Bfc Cheminots

Déclaration DP ET BFC du 22 novembre 2012

Monsieur le directeur,

 

Les changements de service se suivent et les cheminots voient leurs conditions de travail se dégrader.

Quand on demande une tournée Belfort avec du bon matériel et avec un demi-tour Montbéliard en moins, la direction répond : « on vous a entendu ! Maintenant vous devrez vous lever beaucoup plus tôt, vous gardez le vieux matériel, la tournée est aussi longue mais vous n’avez plus le demi-tour Montbéliard ! »

Si ce n’est pas se moquer de ses agents, je ne sais pas comment cela s’appelle Monsieur le Directeur !

A Dijon-Ville, les agents du 160 sont inquiets et attendent des garanties pour leur avenir. Si la création d’un roulement 101 était attendue par beaucoup d’agents, cela ne doit pas être le prétexte pour déshabiller un autre roulement voir le supprimer en laissant les agents sur le carreau.

Et vos TA, comment croyez vous qu’ils vivent le fait que les projets roulements sortent toujours très longtemps après les autres ? Mal, FO vous l’affirme.

Nous n’allons pas ici établir une liste exhaustive des problèmes liés à ces projets de roulements, mais de Chalon à Besançon en passant par Dijon, le mécontentement est bien présent.

Nous demandons un peu de considération pour les agents de votre établissement.

 

D’autant que vos agents, comme tous les cheminots sont inquiets, à juste titre, pour leur avenir et celui de l’entreprise publique qu’est la SNCF. Des menaces certaines et imminentes planent sur leur statut et les propositions de la Direction en matière salariale sonnent comme une provocation et une honte.

Comment qualifier autrement l’attitude de la Direction qui, d’une part ouvre des négociations salariales au mois d’octobre, condamnant ainsi toute possibilité de rattrapage du pouvoir d’achat au regard de l’inflation sur l’année, et d’autre part met sur la table des propositions bien en-deçà des attentes des cheminots.

Ainsi 0,5% d’augmentation générale des salaires au 1er septembre devrait faire oublier aux cheminots que le président Guillaume Pépy pratique à leur égard une politique d’austérité qui ne dit pas son nom.

En agissant ainsi, la direction de l’entreprise se situe dans la droite ligne des Assises du Ferroviaire qui pointaient du doigt le coût jugé trop élevé des cheminots dans un futur contexte concurrentiel appelé de leurs vœux par les partisans de l’Europe du libéralisme.

 

Cette augmentation est à comparer avec les discours triomphalistes autour des résultats financiers du Groupe, qui malgré une récession dans la branche transport et logistique, affiche  un chiffre d’affaire de presque 17 milliards au premier semestre 2012, en hausse de 3% par rapport à l’année précédente.

Comme elle est à mettre en parallèle avec la campagne médiatique menée par la SNCF sur les milliers de recrutements qu’elle prévoit, omettant volontairement de préciser qu’ils sont à prendre à l’échelle du Groupe et que certaines filières de l’EPIC ont de la peine à recruter en raison notamment de salaires peu attractifs.

 

Ainsi, malgré les postures en termes d’affichage financier ou d’embauches, les cheminots ne sont pas dupes et connaissent les conséquences de la politique de réduction permanente des coûts pratiquée par l’entreprise.

Politique qui se traduit pour le personnel par des suppressions de postes, une polyvalence et une flexibilité accrues, des réorganisations incessantes, des salaires en berne et des déroulements de carrière démotivants.

 

Quant aux usagers le service qui leur est offert diminue de jour en jour aux quatre coins du territoire, conséquence directe de la politique de la SNCF et de son groupe, tournée uniquement vers la recherche de profits à court terme, à l’instar des sociétés du CAC 40, au détriment de son rôle dans le transport public de voyageurs et de marchandises ainsi que dans celui de l’aménagement du territoire.

 

Alors que pour la gouvernance et l’organisation du ferroviaire, le président Pépy a comme modèle indépassable l’Allemagne, nous l’invitons à s’inspirer des hausses de salaires dans ce même pays (+6,3% d’augmentation générale des salaires des fonctionnaires).

Force Ouvrière revendique ainsi une  augmentation conséquente des salaires, seule à même de sauvegarder le pouvoir d’achat des cheminots et d’assurer le financement de la caisse de retraite et de prévoyance.

Pour se faire nous exigeons le rattrapage du pouvoir d’achat de ces 10 dernières années et l’augmentation générale des salaires au moins égale à l’inflation, soit 10,12% !

 

Mais au-delà de l’augmentation salariale, proche de zéro cette année, n’est-ce pas un aperçu des futurs effets du traité d’austérité européen validé sur tout le continent contre l’avis des peuples, déjà appauvris par les exigences meurtrières de la troïka (UE, Banque Centrale et FMI) ?

Depuis l’annonce de sa ratification, les instances de Force Ouvrière, de la Confédération aux Unions Départementales en passant par les fédérations n’ont eu de cesse de dénoncer ce traité TSCG en ce qu’il instaure une austérité permanente et retire aux états et aux parlements nationaux leur souveraineté en matière budgétaire.

L’application de ce traité sera un véritable carcan et un déni de démocratie au nom de la réduction des déficits et du remboursement de la dette dont les salariés, les retraités et la jeunesse ne sont en rien responsables mais dont ils subiront de plein fouet les conséquences.

Le gouvernement en place, les institutions, les donneurs d’ordre auront alors beau jeu de rejeter toute demande d’investissements ou d’augmentation de salaires au nom du respect de l’équilibre budgétaire.

Le traité TSCG représente un danger pour la République et la démocratie sociale.

Force Ouvrière condamne toute austérité qu’elle soit de droite, de gauche ou syndicale et à ce titre se félicite de ne pas avoir pris position dans la dernière période électorale, gardant de fait son indépendance et sa liberté de jugement.

Ainsi le comité confédéral national de Force Ouvrière, dans sa résolution du 28 septembre, appelle toutes ses structures à poursuivre la campagne contre le TSCG même après sa ratification.

Au nom du respect de ce traité, verra-t-on l’Etat vendre les services publics, comme c’est déjà le cas en Grèce et au Portugal ?

Pour sauvegarder la SNCF, le statut des cheminots et leur réglementation du travail,  une seule exigence doit se faire jour : l’abrogation du TSCG et le retour au monopole public.

Comme cela a été réaffirmé dans la déclaration adoptée à l’unanimité par son conseil national le 9 octobre 2012, la Fédération Force Ouvrière des cheminots rejette les discours ambiants sur l’eurocompatibilité et la nécessité de s’adapter à l’économie de marché. 

Dans cette perspective et sur des mots d’ordre clairs allant dans le sens de la défense du statut des cheminots et de leur réglementation du travail, la fédération Force Ouvrière des cheminots est prête à se mobiliser.

 

Vous l’aurez compris, entre un chemin de fer eurocompatible et le maintien de la SNCF (entreprise publique de service public) Force Ouvrière a fait son choix !

 

Non à l’eurocompatibilité !

Oui au maintien de la SNCF,

Du statut et de la réglementation existante !

 

 

         Besançon, le 22 novembre 2012

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