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FO Bfc Cheminots

RETRAITES : La lutte pour le partage des richesses ! Capital ou Salariat ?

RETRAITES : La lutte pour le partage des richesses ! Capital ou Salariat ?

Le 18 septembre M. SARKOZY annonçait aux journalistes sociaux, la mise en cause des régimes spéciaux de retraites, au nom de « l’équité » mais aussi et surtout, au nom d’une faillite financière inéluctable.

Il s’affichait ainsi comme le héros d’une contre-réforme sociale, (ce qu’aucun chef d’Etat n’avait osé faire avant lui, par manque de courage) tout en mettant au défi quiconque de le démentir, puisque : « Tout le monde sait que... ».

Effectivement, ce qu’on a coutume d’appeler l’Opposition, ne s’opposa pas, en approuva même le fond (« on aurait dû le faire nous-mêmes » !) tout en critiquant la manière ... il faut bien se distinguer un peu !

Pourtant, les salariés informés savent reconnaître la propagande d’Etat : on y a eu droit avec le prétendu « trou de la Sécu » ou encore lors du référendum sur la Constitution Européenne de 2005. D’ailleurs, lorsque cette propagande ne marche pas, nos courageux politiciens évitent soigneusement de faire appel au peuple : c’est le cas avec cette Constitution qu’ils se préparent à adopter entre gens de qualité.

OUI, M. SARKOZY, nous relevons bien sûr votre « défi » de vous contredire ! CAR LES FAITS SONT LES FAITS.

La richesse(1) du pays : un gâteau que le capital s’approprie !

1.531 milliards d’€ : c’est la valeur totale de la valeur ajoutée de la production en France en 2005 (le Produit Intérieur Brut). Là-dessus, la part revenant aux salaires est en constante diminution. 

Elle est aujourd’hui de 58%, elle était de 68,7 % en 1982.

Elle a donc baissé de plus de 10%, depuis la décision du gouvernement MAUROY (M. MITTERAND étant Président de la république) de mettre fin à l’une des plus importantes conquêtes sociales : l’indexation des salaires sur l’inflation.

Bien évidemment, cette diminution s’est faite au profit de l’augmentation des Excédents Bruts d’Exploitation (EBE) c’est-à-dire de la rémunération du capital (les dividendes et les intérêts.

Ajoutons que la part des profits non-investis a crû de manière exponentielle, de 6,7% en 1980 pour s’établir à 17/ 18% ces dernières années : ces EBE servent donc de moins en moins au développement économique.

Mais la baisse de la part des salaires dans la redistribution des richesses produites, affaiblit les recettes des caisses de protection sociale (sécurité sociale et vieillesse) : 1% d’augmentation de salaire c’est 600 M€ dans ces caisses.

Les généreuses exonérations de cotisations patronales ont creusé le déficit des caisses !

Non contents d’avoir imposé cette diminution du pouvoir d’achat des salariés (évaluée à 32 % pour les fonctionnaires), les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de multiplier les exonérations de cotisations patronales (du salaire différé).

La Cour des Comptes(2) a été obligée de reconnaître que le but affiché, « la lutte contre le chômage », n’avait jamais été atteint ! Les patrons s’en sont plutôt servis, par effet d’aubaine, pour améliorer leurs marges bénéficiaires.

FO a toujours dit que les patrons n’embauchaient que lorsqu’ils avaient des commandes et que donc seule la relance de la consommation par l’augmentation des salaires et des retraites serait efficace.

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Cela n’a pas empêché les exonérations de passer de 1,3% à 8,9 % du total des cotisations dues aux URSSAF entre 1991 et 2005 !

Les salariés ont d’ailleurs payé eux-mêmes ces exonérations par les impôts et les taxes.

De plus, les caisses de protection sociale ne reçoivent pas de l’Etat la compensation de ce manque de recettes : en 2007, 24,8 M€ d’exonérations dont 2,53 M€ non compensés (dont 1M€ pour la vieillesse) .... et ce depuis 15 ans ! Nous avons donc payé deux fois ces exonérations !

L’explosion des inégalités (3)

La diminution des salaires dans la redistribution de la richesse nationale, prend la forme d’une « smicardisation » accélérée : de 8,6 % en 1991, la proportion des salariés au SMIC est passée à 15,1 % en 2006.

La part des dépenses contraintes (logement, assurances, impôts, crédit ...) est passée de 26 % à 45 % de 1960 à 2006 et absorbe même 75 % des revenus les plus modestes.

Pendant ce temps, les 3.500 foyers les plus riches (sur 3,5 millions de foyers) ont vu leur revenu augmenter de 42,6% en huit ans ( 4,6 % pour les autres) !

M. SARKOZY prétend tenir ses promesses : il y en a au moins une qu’il a oubliée, celle de conditionner l’allégement de cotisations patronales à une politique d’augmentation salariale.

Une promesse électorale .... qui n’engage que ceux qui y croient sans doute !

Des « prévisions » à géométrie variable (4)

Pendant les quarante dernières années (de 1959 à 2000) la part du PIB consacrée aux retraites et reversions est passée de 5,4 % à 12,6 %, soit + 7,2 %.

A ce qu’on sache, l’économie loin de s’être écroulée « sous ce poids » c’est même développée .... le PIB par tête étant passé de 13.400 € en 1970 à 23.919 € en 2000 soit + 8,5%. Bien au contraire, la consommation des retraités a été un facteur de développement de la production et des services (par exemple du tourisme).

Pour justifier la réforme de 2003, on nous prédisait, pour les quarante prochaines années une augmentation allant de 12,6 % du PIB en 2000 à 16,3 % en 2040, soit + 3,7 points (soit moitié moins que les 40 années précédentes ... ! ).

Le nouveau rapport du COR d’octobre 2007, modifie notablement les scénarios antérieurs, par exemple : Il prévoit désormais une augmentation de cotisants jusqu’en 2050, alors que le précédent rapport de 2005 prévoyait une forte baisse à l’échéance 2050 ;

Les besoins de financement en 2050 seraient meilleurs que ceux des précédentes prévisions (les données démographiques de l’INSEE ont fortement évoluées, ex : le taux de fécondité ...).

Pour la SNCF, le COR estimait en septembre 2005, que notre régime spécial verserait des compensations aux autres régimes à partir de 2015 et qu’à partir de 2020, des excédents apparaîtraient, représentant 1,3 milliards d’€ en 2050.

En réalité, il n’y a donc aucune catastrophe financière.

Mais il y a une volonté de politique européenne. Rappelons la décision commune de Barcelone en 2002, d’allonger de 5 ans en moyenne l’âge de départ en retraite (M. CHIRAC et JOSPIN représentaient alors la France).

Cette volonté correspondant aux seuls intérêts des détenteurs de capitaux se fait au détriment des populations salariées européennes.

Nous sommes donc absolument fondés à revendiquer un juste retour aux salariés de la richesse qu’ils ont produit, que nous résumons par notre revendication Confédérale du retour aux 37,5 annuités pour tous les salariés !
  1. (1) Sources : Secteur Retraite de la Confédération FO.
  2. (2) En s’appuyant sur l’Audit de l’Inspection des finances de l’administration et des affaires sociales.
  3. (3) Voir Le Monde du 22/10/07.
  4. (4) Sources : Conseil d’orientation des Retraites (COR)

 

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