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RETRAITE, SALAIRES, STATUT : Tout est lié !

RETRAITE, SALAIRES, STATUT : Tout est lié !

La remise en cause de notre régime de retraite s’accompagne d’une tentative d’y substituer un autre système.

1. LES CAISSES ET LA RÉPARTITION : LE PLUS EFFICACE POUR LES SALARIÉS

La protection contre les aléas de la vie (maladie, accidents, vieillesse ...) a été l’origine des organisations ouvrières : les mutuelles, les sociétés fraternelles et les syndicats.

A l’opposé de la dégradante charité religieuse, les salariés aspirèrent au simple respect de leurs droits d’êtres humains. Ils constatèrent vite les limites du paternalisme, conditionné par la soumission à l’exploitation patronale. Ils vécurent la faillite des systèmes par capitalisation mis en place par les employeurs (les salariés américains et anglais en font toujours l’amère expérience : Maxwell, Enron ....)

L’expérience leur a ainsi enseigné que le moyen le plus efficace était de créer leurs propres Caisses de secours mutuel, assises sur la répartition de cotisations, c’est-à-dire la solidarité entre salariés.

Les Assurances Sociales, organisées par les ordonnances de 1945 (45/10 du 4 octobre 1945 et 45/2454 du 19 octobre 1945 pour la retraite) créant la Sécurité Sociale sont ainsi destinées : « à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité au gain, à couvrir les charges de maternité et de famille qu’ils supportent ... »

2. L’INTÉRESSEMENT ET LA PARTICIPATION CONTRE LES COTISATIONS

Ces dispositifs échappent à toute imposition et aux cotisations sociales des employeurs.

En 2004, par exemple, 14 M€ ont été distribués par les grandes entreprises sous forme d’intéressement, de participation ou d’abondement à des plans d’épargne salariale. Si cet argent avait été distribué sous forme salariale, il aurait généré des cotisations sociales (3,3 M€ pour la vieillesse avec les complémentaires du privé).

C’est ainsi que peu à peu ces systèmes s’appliquent au détriment des salaires et des cotisations sociales, tirant donc les retraites vers le bas !

3. A LA SNCF AUSSI !

Profitant du projet de contre réforme gouvernemental organisé contre notre système de retraite, la SNCF ne propose rien de moins que d’y substituer ces systèmes, tout bénéfice pour elle !

Dans sa lettre du 7 novembre 2007, qui complète la « lettre de la Présidente », le Directeur des Ressources Humaines, M. NOGUÉ, nous invite à négocier :

  • Un régime additionnel de retraites, par cotisations sur les gratifications de vacances, d’exploitation, les indemnités de résidence, les indemnités de sujétion ... 

Ce système est prévu par la loi Fillon sur les retraites de 2003 (art 76) et appliqué dans la fonction publique, avec une cotisation de 5 % pour les agents et 5 % seulement pour l’employeur, sur les éléments de rémunérations non pris en compte dans le calcul de retraite.

Notre Fédération, revendique l’intégration des primes et IR au traitement : lorsque l’on sait qu’alors la cotisation patronale SNCF serait de 28,44 % ... On comprend donc mieux l’intérêt de la Direction pour « ce régime additionnel » !

Remarque : Madame IDRAC évalue entre 1,5 à 2% l’augmentation « possible » des pensions, par ce système.

MAIS en cotisant 41 ou 42 ans .... Et À CONDITION que le montant des cotisations - donc des indemnités prises en compte - soit important ! Il y aura donc beaucoup de différences suivant les métiers.

  • Un Compte Épargne Temps et un Plan d’Épargne Retraite d’Entreprise

Également inclus dans la loi Fillon sur les retraites de 2003 (article 109).

L’agent a la possibilité d’épargner des congés, des repos ou des sommes d’argent (l’intéressement ...) afin de bénéficier de congé de fin de carrière ou de rente ou d’un capital. L’entreprise prévoit un abondement, non imposable.

L’agent est donc invité à se payer lui-même, un complément de retraite, individuel, au détriment de ses repos et de son pouvoir d’achat : quel progrès par rapport aux droits acquis par une retraite collective !

4. ILS VEULENT EN FINIR AVEC LA PROTECTION SOCIALE SOLIDAIRE

La boucle est bouclée !

Espérant mettre fin aux régimes de retraite solidaires par répartition - d’abord en baissant le montant des retraites - gouvernement et Direction espèrent en profiter pour :

-  Baisser (et même supprimer) leurs cotisations sociales (notre salaire différé) ;

-  Renforcer l’individualisation des rémunérations. Lier l’intéressement aux résultats, aléatoires et temporaires, et les substituer aux Augmentations Générales des Salaires durables et profitables à la protection sociale ;

-  Mettre fin aux négociations salariales annuelles et donc à la pratique contractuelle ;

-  Remettre en place des systèmes par capitalisation (Fonds Communs de Placement ...) ;

-  Remettre finalement en cause notre Statut.

Ce qui reviendrait ni plus ni moins à mettre fin aux principes mêmes de la Sécurité Sociale de 1945, issus du programme du Conseil National de la Résistance. Mais il y a un os : la résistance des salariés, lesquels ont plus que jamais besoin d’une FORCE OUVRIERE, libre et indépendante. 

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